Solutions de rechange à l’urée ordinaire pour réduire les pertes d’azote lors de la production de laitue dans les climats subtropicaux

Citation

Cantú, R.R., Aita, C., Doneda, A., Giacomini, D.A., Dessbesell, A., Arenhardt, M., De Bastiani, G.G., Pujol, S.B., Rochette, P., Chantigny, M.H., Giacomini, S.J. (2017). Alternatives to regular urea for abating N losses in lettuce production under sub-tropical climate, 53(6), 589-599. http://dx.doi.org/10.1007/s00374-017-1202-4

Résumé en langage clair

Les inhibiteurs de nitrification sont de plus en plus utilisés dans les sols agricoles pour réduire l’accumulation de nitrate après la fertilisation et pour réduire les émissions de gaz à effet de serre et le lessivage de l’azote vers les eaux souterraines. On pense également que le fumier composté est moins réactif dans l’environnement que les engrais minéraux ou le fumier brut. Dans le cadre de notre collaboration avec des collègues brésiliens (notamment pour les projets n° 1259 et 1642), nous avons participé à une étude menée au Brésil sur l’efficacité des inhibiteurs de nitrification et l’utilisation de fumier composté pour réduire la pollution issue des cultures fertilisées avec de l’urée. De façon générale, l’utilisation de compost et d’inhibiteurs de nitrification a réduit les émissions de gaz à effet de serre d’un ordre de grandeur, comparativement à l’urée. Ces pratiques de rechange ont permis d’obtenir une plus grande efficacité d’utilisation de l’azote fourni que lorsqu’on applique de l’urée. La teneur en nitrate de la solution du sol a été réduite jusqu’à 17 fois, ce qui diminue considérablement les risques de pertes d’azote par lessivage. Nous concluons que, comparativement à l’urée ordinaire, l’utilisation de fumier composté et l’ajout d’inhibiteurs de nitrification à l’urée sont de bonnes pratiques pour réduire les pertes d’azote dans l’environnement causées par la production agricole sous les climats subtropicaux. Il est fort probable que ces conclusions s’appliquent également dans le cas du climat plus frais du Canada.

Résumé

© Springer Verlag Berlin Heidelberg, 2017. D’autres pratiques de fertilisation sont nécessaires pour réduire les pertes d’azote gazeux et d’azote par lessivage lorsqu’on applique de l’urée à des taux élevés. L’objectif de cette étude était de comparer les émissions d’azote gazeux (N2O et NH3) et de NO3 – les concentrations dans la solution du sol pendant deux saisons de culture successives de laitue, selon des pratiques de fertilisation différentes. Les traitements appliqués étaient la fertilisation avec de l’urée ordinaire (U), de l’urée traitée avec de l’uréase [N (n butyle) triamide thiophosphorique (NBPT)] et des inhibiteurs de nitrification [dicyandiamide (DCD)] (UI), du compost de lisier de porc non acidifié (PSC), du compost de lisier de porc acidifié (APSC) et l’établissement d’une parcelle témoin non fertilisée (C). L’acidification du lisier de porc pendant le compostage n’a pas eu d’impact sur les émissions cumulatives de N2O du sol pendant les saisons de culture. Les facteurs d’émission (FE) associés à l’utilisation de composts (PSC : 0,09 % de l’azote appliqué; APSC : 0,16 %) sont d’un ordre de grandeur inférieur à celui associé à l’utilisation d’urée ordinaire (1,63 %). De même, l’ajout de NBPT et de DCD à l’urée a réduit le FE de N2O de 1,63 à 0,37 % de l’azote appliqué et le FE de NH3 attribuable aux engrais de 30,2 à 3,4 % de l’azote appliqué. Les composts et l’UI ont entraîné des émissions de N2O mises à l’échelle du rendement qui étaient inférieures de 33 à 49 % aux émissions de la parcelle témoin non fertilisée et de 64 à 73 % inférieures aux émissions estimées attribuables à l’urée ordinaire, indiquant une meilleure efficacité du N fourni dans les composts et l’UI. La concentration de nitrate dans la solution du sol (à 0,1 et 0,3 m) dans les parcelles PSC, APSC et UI était semblable à celle dans la parcelle témoin et jusqu’à 17 fois inférieure à celle dans la parcelle fertilisée avec de l’urée ordinaire, ce qui indique un risque réduit de pertes par lessivage. Nous concluons que, comparativement à l’urée ordinaire, l’utilisation de lisier de porc composté, qu’il soit acidifié ou non, et l’ajout d’inhibiteurs NBPT et DCD à l’urée sont de bonnes pratiques pour réduire les pertes d’azote dans l’environnement dues à la production de laitue en climat subtropical.

Date de publication

2017-08-01

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