Rôle protecteur contre le stress thermique du roulage dans la boue chez les truies gestantes et allaitantes gardées à l’extérieur

Citation

Baert, S., Aubé, L., Haley, D.B., Bergeron, R., Devillers, N. (2022). The protective role of wallowing against heat stress in gestating and lactating sows housed outdoors. Physiology & Behavior, [online] 254 http://dx.doi.org/10.1016/j.physbeh.2022.113898

Résumé en langage clair

L’objectif de cette étude était de décrire la réponse physiologique des truies gestantes et allaitantes aux conditions environnementales naturelles, et d’identifier les facteurs pouvant contribuer au stress thermique ou le prévenir lorsqu’elles sont gardées à l’extérieur au Québec (Canada) durant l’été. Six groupes de 4 truies Yorkshire-Landrace ont vécu dans des enclos extérieurs équipés d’une bauge, d’une structure d’ombrage, de huttes de mise-bas et d’un accès à un pâturage de juillet à septembre 2018. La semaine 15 de la gestation et la semaine 2 de la lactation, nous avons observé le comportement, l’emplacement, la fréquence respiratoire et la couverture de boue des truies et recueilli des données sur leur température corporelle à l’aide d’enregistreurs de la température vaginale. Les conditions environnementales ont été mesurées à l’aide d’enregistreurs de température et d’humidité pour servir au calcul de l’indice température-humidité (ITH). Les truies avaient des températures corporelles significativement plus élevées et plus variables durant la lactation que durant la gestation. Durant la gestation, ni la fréquence respiratoire ni la température corporelle n’ont été associées à des niveaux élevés ou faibles de l’ITH ou de la couverture de boue. Cependant, en période de lactation, la fréquence respiratoire était plus élevée lorsque l’ITH dépassait 74 et que la couverture de boue était simultanément faible. Un ITH supérieur à 74 et une faible couverture de boue ont également eu des effets sur la température corporelle. Au cours de la période de lactation, les truies qui passaient plus de temps dans la hutte de mise-bas avaient aussi une fréquence respiratoire plus élevée. En résumé, bien que les truies lactantes semblent être plus exposées au stress thermique que les truies gestantes, dans l’ensemble les résultats permettent de supposer que les truies gardées à l’extérieur étaient capables de réguler leur température efficacement avec les ressources dont elles ont disposé dans le cadre de notre étude. Le temps passé dans la hutte de mise-bas peut être un facteur de risque supplémentaire pour le stress thermique, tandis que la couverture de boue peut protéger contre les conséquences physiologiques du stress thermique lorsque les truies ont accès à une bauge.

Résumé

L’objectif de cette étude était de décrire la réponse physiologique des truies gestantes et allaitantes aux conditions environnementales naturelles, et d’identifier les facteurs pouvant contribuer au stress thermique ou le prévenir lorsqu’elles sont gardées à l’extérieur au Québec (Canada) durant l’été. Six groupes de 4 truies Yorkshire-Landrace ont vécu dans des enclos extérieurs équipés d’une bauge, d’une structure d’ombrage, de huttes de mise-bas et d’un accès à un pâturage de juillet à septembre 2018. Entre la semaine 15 de la gestation et la semaine 3 de la lactation (inclusivement), nous avons consigné la position de chaque truie 5 jours/semaine durant 5 périodes d’observation quotidiennes de 15 minutes, et nous avons mesuré la fréquence respiratoire de la truie, ainsi que la couverture de boue à la fin de chaque période d’observation. Nous avons simultanément recueilli des données sur la température corporelle des truies à l’aide d’enregistreurs de température vaginale activés en tout temps lors de la semaine 15 de gestation et la semaine 2 de lactation, et nous avons surveillé les conditions environnementales à l’aide d’enregistreurs de température et d’humidité pour calculer l’indice température-humidité (ITH). Les truies avaient des températures corporelles significativement plus élevées et plus variables durant la lactation que durant la gestation (P ≤ 0,0001), et lorsque l’ITH a été analysé comme une variable continue, il a été positivement associé à la température corporelle de la truie pendant la nuit au cours de la lactation. Durant la gestation, ni la fréquence respiratoire ni la température corporelle n’ont été associées à des niveaux élevés ou faibles de l’ITH (P = 0,15 et 0,79, respectivement) ou de couverture de boue (P = 0,29 et 0,94, respectivement). Cependant la fréquence respiratoire était plus élevée durant la lactation lorsque l’ITH dépassait 74 et que la couverture de boue était simultanément faible (P = 0,006), tandis qu’un ITH supérieur à 74 et une faible couverture de boue avaient des effets indépendants sur la température corporelle (P = 0,012 et 0,004, respectivement). Durant la lactation, les truies qui ont passé toute la période d’observation dans la hutte de mise-bas ont également eu une fréquence respiratoire plus élevée que les truies qui ont quitté la hutte au moins une fois (P = 0,009). En résumé, les truies allaitantes étaient plus susceptibles de présenter une augmentation de la fréquence respiratoire et de la température corporelle dans des conditions plus chaudes que les truies gestantes, et nos résultats permettent également de supposer que le temps passé dans la hutte de mise-bas peut être un facteur de risque de stress thermique. Une couverture de boue peut cependant limiter ces conséquences physiologiques lorsque les truies ont accès à une bauge.

Date de publication

2022-10-01

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