Perspectives de production fourragère dans les régions nordiques en contexte de changements climatiques et de modification de l’utilisation des terres : étude de cas dans une ferme laitière de Terre-Neuve, au Canada

Citation

Cordeiro, M.R.C., Rotz, A., Kroebel, R., Beauchemin, K.A., Hunt, D., Bittman, S., Koenig, K.M., McKenzie, D.B. (2019). Prospects of forage production in northern regions under climate and land-use changes: A case-study of a dairy farm in Newfoundland, Canada, 9(1), http://dx.doi.org/10.3390/agronomy9010031

Résumé en langage clair

Le réchauffement climatique projeté permettrait aux producteurs laitiers de Terre-Neuve d’atteindre l’autosuffisance, mais seulement s’ils augmentent la superficie de terres cultivées de plus de 20 %.

Résumé

© Les auteurs, 2019. La production fourragère en région nordique est difficile et son avenir est incertain. Dans cette étude de cas, nous avons utilisé le modèle IFSM (Integrated Farm System Model) pour évaluer les effets des changements climatiques et de divers scénarios d’expansion des terres en culture sur la production fourragère d’une ferme laitière de Terre-Neuve, au Canada. Les projections climatiques indiquaient une hausse des températures dans les dernières années (1990-2016) de même que dans celles à venir (2020-2079), améliorant ainsi le rendement agronomique. Ces hausses variaient entre 2,8 °C et 5,4 °C en hiver, et entre 3,2 °C et 6,4 °C au printemps. De légères hausses des précipitations (< 10 %), dans un climat régional déjà excessivement humide, créent aussi des fenêtres temporelles réduites pour l’exécution des activités agricoles. L’étude de scénarios d’utilisation des terres proposant une expansion de 20 %, de 30 % et de 40 % des terres en culture, desquelles 5 % étaient consacrées au maïs d’ensilage et le reste à des combinaisons graminées-légumineuses, a révélé une augmentation des récoltes et du rendement total. L’augmentation du rendement des graminées et des légumineuses allait de 8 % à 52 %. Le rendement total a quant à lui augmenté entre 11 % et 105 %. La hausse du rendement du maïs d’ensilage variait entre 28 % et 69 %, tandis que la production totale de cette culture a augmenté entre 29 % et 77 %. Une expansion réaliste des terres en culture de l’ordre de 20 % permettrait à l’exploitation d’être autosuffisante dans sa production fourragère, et ce, peu importe le scénario climatique.