Méthode de codes barres d’ADN modifiée pour définir les interactions trophiques entre des pentatomidés indigènes et exotiques et leurs parasitoïdes

Citation

Gariepy, T.D., Bruin, A., Konopka, J., Scott-Dupree, C., Fraser, H., Bon, M.C., Talamas, E. (2019). A modified DNA barcode approach to define trophic interactions between native and exotic pentatomids and their parasitoids. Molecular Ecology, [online] 28(2), 456-470. http://dx.doi.org/10.1111/mec.14868

Résumé en langage clair

La punaise marbrée est un ravageur envahissant originaire de l’est de l’Asie qui est présent au Canada. Elle se nourrit d’une grande variété d’espèces végétales, y compris un certain nombre de plantes agricoles d’importance économique. La lutte biologique contre ce ravageur au moyen d’ennemis naturels comme les guêpes parasites (aussi appelées parasitoïdes), qui pondent leurs œufs dans ceux de la punaise marbrée, est envisagée comme solution de rechange à des insecticides chimiques. Afin de mieux comprendre la relation entre les parasitoïdes indigènes et les punaises indigènes et envahissantes, nous nous sommes servis du codage à barres d’ADN pour caractériser les interactions au niveau des espèces. Nous avons ainsi pu déterminer quelles espèces de parasitoïdes pouvaient attaquer quelles espèces de punaises d’après la détection d’ADN de chaque espèce. Cette information nous a permis de déterminer que les parasitoïdes indigènes attaquent la punaise marbrée, mais qu’ils ne se développent pas dans ce ravageur. Notre étude jette les bases de recherches futures visant à étudier la possibilité d’importer un parasitoïde exotique de l’Asie qui serait mieux adapté pour se développer dans la punaise marbrée en raison de sa coévolution.

Résumé

© John Wiley & Sons Ltd, 2018. L’établissement du pentatomidé envahissant Halyomorpha halys (Stål) hors de son aire de répartition indigène peut altérer les assemblages d’espèces indigènes, y compris d’autres pentatomidés et leurs parasitoïdes de la famille des Scélionidés. Cela suscite un intérêt pour la définition de la diversité des espèces et les associations hôte parasitoïde dans ce système afin de mieux comprendre les effets des espèces exotiques envahissantes sur les interactions trophiques dans les régions envahies. Il manque de données sur les associations scélionidé pentatomidé dans les habitats naturels, et l’identification des espèces formant ces associations par des techniques d’élevage et de dissection techniques peut être précaire. Nous avons recueilli des œufs de pentatomidés dans des milieux naturels où le H. halys s’est établi au Canada et les avons analysés par une méthode de codes barres d’ADN modifiée afin de définir les interactions trophiques au niveau des espèces. Nous avons pu identifier plus de 90 % des masses d’œufs. Nous avons identifié onze espèces de pentatomidés et cinq espèces de scélionidés et avons déterminé leurs liens trophiques. Environ 70 % des masses d’œufs étaient parasitées; nous décrivons le parasitisme et la composition en espèces de parasitoïdes pour chaque espèce de pentatomidé. Le Telenomus podisi Ashmead était le parasitoïde dominant, ayant été détecté dans toutes les espèces hôtes. Nous avons détecté le Trissolcus euschisti Ashmead dans plusieurs espèces hôtes, mais il était significativement plus prévalent chez le Chinavia hilaris (Say) et le Brochymena quadripustulata (Fabricius). Le Trissolcus brochymenae Ashmead et le Tr. thyantae Ashmead ont été détecté sporadiquement. Le H. halys a présenté un taux de parasitisme de 55 % et était significativement moins susceptible d’être parasité que les pentatomidés indigènes. Les espèces de scélionidés qui parasitaient le H. halys étaient le Te. podisi, le Tr euschisti et le Tr. thyantae. Bien que ces scélionidés ne peuvent pas se développer dans les œufs frais de H. halys, nous montrons qu’ils tentent d’exploiter cet hôte dans les conditions de terrain.

Date de publication

2019-01-01

Profils d'auteurs