L’utilisation à long terme des terres agricoles a une incidence sur les propriétés physicochimiques des sols dans le sud-ouest de la Saskatchewan

Citation

Cade-Menun, B.J., Bainard, L.D., LaForge, K., Schellenberg, M., Houston, B., Hamel, C. (2017). Long-term agricultural land use affects chemical and physical properties of soils from southwest Saskatchewan, 97(4), 650-666. http://dx.doi.org/10.1139/cjss-2016-0153

Résumé en langage clair

Pour une gestion durable des sols, il est important de comprendre en quoi les différentes utilisations des terres modifient les propriétés des sols. Dans le cadre de la présente étude, on a examiné les propriétés chimiques (pH, éléments nutritifs, salinité) et physiques (densité apparente, texture) des sols de terres du sud-ouest de la Saskatchewan, à différentes profondeurs, soit entre 0 et 60 cm. Ces terres servent depuis longtemps à produire des cultures annuelles, des pâturages artificiels (agropyre à crête), des pâturages de prairie naturelle ou ont été creusées pour aménager des fossés de chemin. L’étude a été menée à cinq endroits différents, chaque site ayant dans son périmètre immédiat les quatre utilisations de terres. Peu de changements ont été observés sous la couche des 15 premiers centimètres du sol, ce qui indique que les sols étaient semblables entre eux avant les changements d’utilisation des terres. Des différences significatives au niveau des propriétés chimiques et physiques ont été observées à la surface du sol (0-7,5 cm), et elles étaient toutes liées au degré de perturbation. Les sols des deux pâturages étaient les moins perturbés et les plus semblables, et ces sols étaient significativement différents des sols des bords de chemin et des terres cultivées.

Résumé

© Sa Majesté la Reine du chef du Canada, 2017. Il peut être utile de comprendre le cycle des éléments nutritifs en fonction de l’utilisation des terres pour améliorer les pratiques agricoles. Dans le sud-ouest de la Saskatchewan, l’utilisation des terres agricoles sur une longue durée en cultures annuelles, en pâturage de prairies naturelles, en prairies artificielles ensemencées avec de l’agropyre à crête, ou pour le creusage de fossés sur le bord des chemins a modifié les propriétés physicochimiques des sols selon l’intensité et la fréquence des perturbations, dans l’ordre suivant : terre cultivée > bords de chemin > prairie artificielle > prairie naturelle. La majorité des différences significatives ont été observées à la surface du sol (0-7,5 cm); le peu de différences significatives sous les 15 premiers centimètres de sol porte à croire que les sols n’étaient pas significativement différents avant les changements d’utilisation des terres. La densité apparente des sols des terres cultivées était plus élevée que celle des sols des prairies naturelles, probablement en raison de la compaction par l’équipement agricole, et elle était également plus élevée dans les pâturages de prairies artificielles en raison de leur utilisation antérieure comme terres cultivées. Les sols des terres cultivées présentaient également des teneurs réduites en carbone et en phosphore organique (P) et des teneurs accrues en P (extraction Olsen) par rapport aux sols des prairies en raison du prélèvement des récoltes et des apports d’engrais. Les bords de chemin, qui constituent en Saskatchewan une utilisation de terre importante, mais peu étudiée, avaient des sols plus argileux et plus riches en P (Olsen) que les sols des prairies naturelles. Les sols des bords de chemin ont été perturbés lors de l’aménagement des chemins, puis ont continué d’être perturbés par l’égouttement des champs adjacents et la poussière de chemin. Ces résultats sur les propriétés physicochimiques des sols et l’information sur la microbiologie des sols aideront à améliorer la gestion des terres et l’efficacité d’utilisation des éléments nutritifs dans les sols de cette région.