Les sous-types de Campylobacter jejuni cliniquement pertinents sont facilement détectés et transmis dans le continuum de la production bovine, mais ils présentent un risque limité de transmission d’origine alimentaire

Citation

Inglis, G.D., Gusse, J.F., House, K.E., Shelton, T.G., Taboada, E.N. (2020). Clinically Relevant Campylobacter jejuni Subtypes Are Readily Found and Transmitted within the Cattle Production Continuum but Present a Limited Foodborne Risk. Applied and Environmental Microbiology, [online] 86(6), http://dx.doi.org/10.1128/AEM.02101-19

Résumé en langage clair

On dispose de peu d’information sur la transmission des sous-types de Campylobacter jejuni dans le continuum de la production bovine et sur les risques d’origine alimentaire pour l’humain. Des bovins ont été colonisés par divers sous-types de C. jejuni, et la densité des bactéries excrétées dans les matières fécales a augmenté durant la période d’alimentation en milieu confiné. Campylobacter jejuni était étroitement associé au digesta, aux matières fécales et à la peau des bovins entrant à l’abattoir, ainsi qu’à l’environnement local. De plus, des cellules de C. jejuni se déposaient sur les carcasses par contact direct et par aérosol, mais la bactérie n’a pas été détectée dans le bœuf haché produit à partir des carcasses contaminées. Nous concluons donc que la bactérie C. jejuni associée aux bovins de boucherie ne représente pas un risque important du point de vue de la salubrité des aliments, et que la transmission des sous-types d’intérêt clinique s’effectue par d’autres voies.

Résumé

© Droit d’auteur de la Couronne, 2020. De plus en plus de données indiquent que les bovins joueraient un rôle dans l’épidémiologie de la campylobactériose. Dans la présente étude, nous avons examiné longitudinalement la prévalence et la répartition de Campylobacter jejuni à l’échelle des sous-espèces dans le continuum de la production des bovins de boucherie. Les animaux ont été divisés en deux groupes : ceux n’ayant pas reçu d’antibiotiques et ceux ayant reçu un promoteur de croissance antimicrobien à base de chlortétracycline et de sulfaméthazine (AS700). Nous avons prélevé longitudinalement des échantillons tout au long de la période d'alimentation en milieu confiné et au moment de l’abattage, puis nous avons isolé et génotypé C. jejuni pour en évaluer la richesse des sous-types et élucider sa dynamique de transmission de la ferme à l’assiette. La bactérie est souvent isolée chez les bovins, et la densité bactérienne excrétée dans les matières fécales a augmenté au cours de la période d'alimentation en milieu confiné. Campylobacter jejuni a également été isolé dans le digesta, la peau, l’environnement de l’abattoir et les carcasses. L’administration d’AS700 n’a pas notablement réduit la densité de C. jejuni dans les matières fécales ou à l’intérieur de l’intestin, mais elle a considérablement réduit la densité bactérienne et la diversité des sous-types dans les échantillons prélevés à l’abattoir. Tous les bovins étaient porteurs de multiples sous-types, y compris des sous-types cliniquement pertinents connus pour représenter un risque pour la santé humaine. Des cas de transmission longitudinale intra-animale ont été observés. Bien que des sous-types pertinents sur le plan clinique aient été transmis aux carcasses par contact direct et par aérosol, la bactérie n’a pas pu être isolée et son ADN n’a pas pu être détecté dans le bœuf haché, quel qu’ait été le traitement. Bien que les données indiquent que les bovins de boucherie constituent un réservoir important de C. jejuni, y compris des sous-types à risque élevé étroitement associés aux hôtes bovins, ils ne semblent pas représenter un risque important de transmission directe d’origine alimentaire. Cela implique qu’il existe d’autres voies de transmission à l’humain.IMPORTANCE : On dispose de peu d’information sur la transmission des sous-types de Campylobacter jejuni dans le continuum de la production bovine et sur les risques d’origine alimentaire pour l’humain. Des bovins ont été colonisés par divers sous-types de C. jejuni, et la densité des bactéries excrétées dans les matières fécales a augmenté durant la période d’alimentation en milieu confiné. Campylobacter jejuni était étroitement associé au digesta, aux matières fécales et à la peau des bovins entrant à l’abattoir, ainsi qu’à l’environnement local. De plus, des cellules de C. jejuni se déposaient sur les carcasses par contact direct et par aérosol, mais la bactérie n’a pas été détectée dans le bœuf haché produit à partir des carcasses contaminées. Nous concluons donc que les cellules bactériennes de C. jejuni associées aux bovins de boucherie ne représentent pas un risque important du point de vue de la salubrité des aliments, et que la transmission des sous-types d’intérêt clinique s’effectue par d’autres voies.

Date de publication

2020-03-01