Les pratiques de travail du sol et de fertilisation influent sur la stabilité des agrégats du sol dans un cambisol humique du nord-ouest de la France

Citation

Bottinelli, N., Angers, D.A., Hallaire, V., Michot, D., Le Guillou, C., Cluzeau, D., Heddadj, D., Menasseri-Aubry, S. (2017). Tillage and fertilization practices affect soil aggregate stability in a Humic Cambisol of Northwest France. Soil & Tillage Research, [online] 170 14-17. http://dx.doi.org/10.1016/j.still.2017.02.008

Résumé en langage clair

Les sols sont un mélange complexe de solides, d’eau et d’air. La façon dont ces composantes sont disposées s’appelle la structure du sol. La structure du sol est composée d’agrégats qui sont des agglomérats de particules de sol. Dans un bon sol, ces agrégats sont relativement gros (quelques mm) et stables, c’est-à-dire qu’ils résistent aux contraintes extérieures telles que les gouttes de pluie. La réduction de l’intensité du travail du sol et l’application d’engrais organique entraînent généralement une augmentation de la stabilité des agrégats du sol. Cependant, l’ampleur des effets peut varier selon les propriétés du sol et la saison. D’un point de vue pratique, nous devons mieux cerner les périodes de l’année les plus propices à l’échantillonnage du sol. Le but de cette étude était d’étudier la dynamique de la stabilité des agrégats sur plusieurs saisons dans un sol soumis à diverses pratiques de travail du sol et de fertilisation. Les conditions climatiques ont eu un effet dominant sur la stabilité des agrégats, et une plus grande différence entre les systèmes de gestion a été observée en hiver et en été. Par conséquent, nous suggérons de mesurer la stabilité des agrégats durant ces périodes afin de mieux estimer les effets des pratiques de culture sur l’érodabilité du sol dans les régions tempérées humides.

Résumé

© 2017 Elsevier B.V. La réduction du travail du sol et l’application d’engrais organique entraînent généralement une augmentation de la stabilité des agrégats du sol (SA). Cependant, l’ampleur des effets peut varier selon les propriétés du sol et la saison. Le but de cette étude était d’étudier la dynamique de la SA pendant trois saisons dans un sol soumis à diverses pratiques de travail du sol et de fertilisation. Dans le cadre de l’étude, nous avons utilisé trois méthodes de travail du sol (labour à la charrue à versoirs, travail en surface et culture sans travail du sol) et deux types d’engrais (fumier de volaille et minéral) sept et huit ans après leur mise en oeuvre dans le nord-ouest de la France. La SA a été mesurée durant trois saisons : le printemps, l’été et l’hiver. Nous avons également étudié les propriétés du sol susceptibles d’influer sur la SA, comme le carbone organique (CO), les glucides extractibles à l’eau chaude (GEEC), la teneur en eau (TE) et le caractère hydrophobe (CH). En moyenne, pour toutes les dates d’échantillonnage, la SA était 34 % plus élevée en régime sans travail du sol qu’en régime de labour à la charrue à versoirs. À l’inverse, l’effet du travail en surface sur la SA variait avec la date d’échantillonnage, avec des valeurs proches du régime sans travail du sol au milieu du printemps et en été, et des valeurs proches du régime de labour à la charrue à versoirs au début du printemps et en hiver. La SA a augmenté en moyenne de 12 % dans le cas du fumier de volaille, sans égard à la date d’échantillonnage ou aux pratiques de travail du sol. Les variations de la SA dues aux pratiques de gestion étaient liées au CO (r = 0,92) et aux GEEC (r = 0,88). Les différences de SA associées aux dates d’échantillonnage étaient légèrement plus importantes que celles associées aux pratiques de gestion. En moyenne, pour l’ensemble des pratiques de gestion, la SA a augmenté de 47 % du début du printemps à l’été et a diminué de 59 % en hiver. Ces variations étaient liées à la TE du sol (r = −0,67) et au CH (r = 0,72) au moment de l’échantillonnage. Nous pensons que les variations saisonnières de la SA étaient dues au moins en partie à des variations de la TE qui agissaient physiquement en modifiant le taux d’entrée de l’eau dans les agrégats et les effets de désagrégation. Par contre, la dynamique à long terme de la SA était liée à la dynamique de la matière organique, qui est régie par les pratiques de culture. En raison de l’effet prédominant du climat sur la SA, nous suggérons de mesurer la SA en hiver et en été afin de mieux estimer les effets des pratiques de gestion sur l’érodabilité du sol dans cette région.

Date de publication

2017-07-01