Le statut social et l’expérience antérieure dans le groupe en tant que facteurs prédictifs du bien-être des truies gardées dans de grands groupes semi-stationnaires

Citation

Brajon, S., Ahloy-Dallaire, J., Devillers, N., Guay, F. (2021). Social status and previous experience in the group as predictors of welfare of sows housed in large semi-static groups. PLoS ONE, [online] 16(6 June), http://dx.doi.org/10.1371/journal.pone.0244704

Résumé en langage clair

Le regroupement de truies gestantes entraîne la formation d’une hiérarchie et a des conséquences néfastes sur le bien-être des animaux. Les effets du stress social sur les individus les plus vulnérables peuvent être sous-estimés; il est donc important d’évaluer le bien-être des individus au sein des groupes. Cette étude visait à étudier l’impact du statut social et des expériences vécues dans le groupe sur le bien-être des truies gardées dans de grands groupes semi-stationnaires. Nous avons évalué l’agressivité, les lésions corporelles et l’ordre d’alimentation dans 20 groupes de 46 à 91 animaux. Le statut social a été établi selon la proportion de combats gagnés, et les truies ont été classées en dominantes (29 %), sous-dominantes (25 %), en perdantes (23 %) et en évitantes (23 %). Certaines truies (70 %) étaient déjà présentes dans le groupe au moment de leur précédente gestation. Le bien-être des truies différait d’un individu à l’autre au sein des groupes sociaux en fonction de leur statut social, qui était basé sur le nombre de luttes gagnées et sur leur expérience antérieure dans le groupe (c’est-à-dire si elles résidaient déjà dans le groupe lors de leur précédente gestation ou si elles y résidaient depuis peu). Les truies subordonnées sont plus susceptibles d’éviter les individus agressifs lorsqu’elles sont introduites dans de grands enclos contenant des groupes plus importants. Elles ont cependant souffert d’un plus grand nombre de lésions corporelles que les truies de rang supérieur plus tard au cours de la gestation. Les truies nouvellement introduites dans les groupes ont payé le coût de leur nouveauté puisqu’elles ont été plus souvent impliquées dans des interactions agonistiques et qu’elles ont maintenu un nombre de lésions corporelles plus élevé. De nombreuses questions restent en suspens et de futures études pourraient donc étudier plus en profondeur les relations sociales des truies gardées en grands groupes, y compris la mesure dans laquelle les porcs peuvent développer des relations d’attachement privilégiées avec des partenaires spécifiques.

Résumé

Le regroupement de truies gestantes entraîne la formation d’une hiérarchie et a des conséquences néfastes sur le bien-être des animaux. Les effets du stress social sur les individus les plus vulnérables peuvent être sous-estimés; il est donc important d’évaluer le bien-être des individus au sein des groupes. Cette étude visait à étudier l’impact du statut social et des expériences vécues dans le groupe sur le bien-être des truies gardées dans de grands groupes semi-stationnaires. Nous avons évalué l’agressivité (j0 [mélange], j2, j27, j29), les lésions corporelles (j1, j26, j84) et l’ordre d’alimentation dans 20 groupes de 46 à 91 animaux. Le statut social a été déterminé selon la proportion de combats gagnés au cours d’une période d’observation de 6 heures entre le j0 et le j2. Les truies dominantes (29 %) sont celles qui ont gagné plus de combats qu’elles n’en ont perdus, les sous-dominantes (25 %) ont gagné moins de combats qu’elles n’en ont perdus, les perdantes (23 %) n’ont jamais gagné un combat dans lequel elles ont été impliquées, tandis que les évitantes (23 %) n’ont jamais été impliquées dans des combats. Les truies résidentes (70 %) étaient déjà présentes dans le groupe lors de la gestation précédente, tandis que les nouvelles truies (30 %) ont été introduites lors du mélange. Les sous-dominantes et les dominantes ont été très impliquées dans les combats au moment du mélange, mais cela a été plus préjudiciable pour les sous-dominantes que pour les dominantes, les perdantes et les évitantes, car elles sont celles qui ont présenté le plus grand nombre de lésions corporelles au moment du mélange. Les évitantes ont eu moins d’interactions agonistiques non réciproques que les perdantes au j2 (P = 0,000 1) et ont eu le moins grand nombre de lésions corporelles après le mélange. Les évitants et les perdantes étaient cependant plus à risque à long terme, car elles présentaient le plus grand nombre de lésions corporelles au j26 et au j84. Elles étaient suivis par les sous-dominantes et par les dominantes. Les nouvelles truies se sont battues davantage (P < 0,0001), ont eu tendance à être impliquées dans des combats plus longs (P = 0,075) au moment du mélange et ont eu plus de lésions corporelles tout au long de la gestation par rapport aux truies résidentes. L’ordre d’alimentation à partir d’un mois après le mélange a été influencé à la fois par l’expérience antérieure dans le groupe et par le statut social (P < 0,0001). Les nouvelles truies, en particulier celles dont le statut social était faible, ont été plus vulnérables tout au long de la gestation et pourraient servir d’indicateurs de conditions non optimales.

Date de publication

2021-06-01

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