La supplémentation en huile de maïs améliore l’utilisation de l’hydrogène pour la biohydrogénation, inhibe la méthanogénèse et modifie les voies de fermentation et la communauté microbienne dans le rumen des chèvres

Citation

Zhang, X.M., Medrano, R.F., Wang, M., Beauchemin, K.A., Ma, Z.Y., Wang, R., Wen, J.N., Lukuyu, B.A., Tan, Z.L., He, J.H. (2019). Corn oil supplementation enhances hydrogen use for biohydrogenation, inhibits methanogenesis, and alters fermentation pathways and the microbial community in the rumen of goats, 97(12), 4999-5008. http://dx.doi.org/10.1093/jas/skz352

Résumé en langage clair

Les émissions de méthane entérique représentent une source importante de gaz à effet de serre ainsi qu’une perte d’énergie alimentaire chez les ruminants. L’étude a porté sur les effets de l’ajout d’huile de maïs au régime alimentaire, car elle est riche en acides gras insaturés, et ces graisses deviennent saturées dans le rumen. Au cours du processus de saturation, il y a un changement dans les voies biochimiques du rumen, ce qui entraîne une diminution de la production de méthane. Cette étude fait partie d’une étude plus vaste sur les mécanismes intervenant dans la production de méthane entérique afin que nous puissions élaborer des stratégies d’atténuation de ce gaz.

Résumé

© L’auteure, 2019. Les émissions de méthane entérique (CH4) représentent non seulement une source importante de gaz à effet de serre mais aussi une perte d’énergie alimentaire pour le bétail. L’huile de maïs est riche en acides gras insaturés avec > 50 % d’AGPI, ce qui peut augmenter la biohydrogénation ruminale des acides gras insaturés, entraînant des changements dans le métabolisme ruminal de l’hydrogène et la méthanogénèse ruminale. Dans cette étude, nous avons examiné l’effet de la supplémentation en huile de maïs du régime alimentaire sur les émissions de CH4, la digestibilité des éléments nutritifs, les gaz dissous dans le rumen, la fermentation et le microbiote chez les chèvres. Six chèvres femelles ont été utilisées dans un plan croisé avec deux traitements alimentaires, qui comprenaient un témoin et une supplémentation en huile de maïs (30 g/kg de MS). La supplémentation en huile de maïs n’a pas modifié la digestibilité de la matière organique dans l’ensemble du tube digestif ni les populations de microorganismes fibrolytiques ruminaux dominants (protozoaires, champignons, Ruminococcus albus, Ruminococcus flavefaciens et Fibrobacter succinogenes), mais a réduit les émissions entériques de CH4 (g/kg de MS, -15,1 %, p = 0,003). La supplémentation en huile de maïs a réduit les concentrations d’hydrogène dissous (dH2, p < 0,001) et de CH4 dissous (p < 0,001) dans le rumen, les proportions d’acides gras insaturés totaux (p < 0,001) et de propionate (p = 0,015), et a augmenté les proportions d’AGS totaux (p < 0,001) et d’acétate (p < 0,001), ainsi que le rapport acétate/propionate (p = 0,038) dans le liquide ruminal. La supplémentation en huile de maïs a diminué l’abondance relative du groupe de bactéries intestinales BS11 de la famille des Bacteroidales (p = 0,032), augmenté l’abondance relative de la famille des Rikenellaceae (p = 0,021) et des Lachnospiraceae (p = 0,025), et a eu tendance à augmenter l’abondance relative du genre Butyrivibrio-2 (p = 0,06). L’abondance relative (p = 0,09) de l’ordre des Methanomicrobiales et le nombre de copies du gène de l’ARNr 16S (p = 0,043), de même que l’abondance relative du genre Methanomicrobium (p = 0,09) ont également diminué avec la supplémentation en huile de maïs, mais l’abondance relative (p = 0,012) du genre Methanobrevibacter et le nombre de copies du gène de l’ARNr 16S (p = 0,08) ont augmenté. En résumé, la supplémentation en huile de maïs a permis d’augmenter la biohydrogénation dans le rumen en facilitant la croissance des bactéries capables de biohydrogénation de la famille des Lachnospiraceae et du genre Butyrivibrio-2 et pourrait avoir amélioré l’acétogénèse réductrice en facilitant la croissance des bactéries de la famille des Lachnospiraceae. En conclusion, la supplémentation alimentaire en huile de maïs a conduit à un changement des voies de fermentation qui a amélioré la production d’acétate et diminué la concentration d’hydrogène dans le rumen ainsi que les émissions de CH4.

Date de publication

2019-12-01

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