La solution unique n’existe pas : opter pour des lignes directrices régionales sur les pratiques de conservation en vue de réduire le risque de perte de phosphore dans le bassin versant du lac Érié

Citation

Macrae, M., Jarvie, H., Brouwer, R., Gunn, G., Reid, K., Joosse, P., King, K., Kleinman, P., Smith, D., Williams, M., Zwonitzer, M. (2021). One size does not fit all: Toward regional conservation practice guidance to reduce phosphorus loss risk in the Lake Erie watershed. Journal of Environmental Quality, [online] 50(3), 529-546. http://dx.doi.org/10.1002/jeq2.20218

Résumé en langage clair

La perte de P des terres agricoles est l’un des facteurs de détérioration de la qualité de l’eau à cause de la prolifération d’algues dans les lacs et les réservoirs. Il est donc important que les agriculteurs adoptent des pratiques de gestion exemplaires (PGE) appropriées pour réduire cette perte. De nombreuses pratiques sont recommandées, mais l’efficacité de chacune d’elles varie d’un endroit à l’autre, et la mise en œuvre d’une mauvaise pratique peut en fait augmenter les pertes. Idéalement, le choix des pratiques serait adapté aux conditions de chaque champ, mais il s’agit là d’un aspect complexe qui n’est pas facilement pris en compte dans les politiques visant à encourager l’adoption de PGE. Dans le bassin versant du lac Érié, les sols, la topographie et le climat varient des plaines argileuses plates à l’extrémité sud-ouest du bassin aux reliefs vallonnés et aux sols loameux dans le nord-est. En réduisant l’éventail des pratiques recommandées en fonction des conditions prédominantes dans chaque région, il est possible d’accroître l’efficacité des PGE et de l’utilisation des ressources.

Résumé

Les pertes de phosphore (P) des zones agricoles dans les plans d’eau de surface demeurent préoccupantes à l’échelle mondiale à cause de l’eutrophisation, et ce, malgré l’application de pratiques de conservation dans les champs. Bien qu’il soit généralement convenu que l’utilisation de multiples pratiques de conservation (« cumul ») mènera à de plus grandes améliorations de la qualité de l’eau, cette pratique pourrait ne pas être rentable pour les agriculteurs, qui seront alors moins enclins à les adopter. À l’heure actuelle, des recommandations globales de conservation sont formulées, mais certaines pratiques de conservation spécifiques (p. ex. travail sans labours avec épandage de surface, cultures de couverture) pourraient ne pas être efficaces dans certains milieux, voire entraîner des conséquences non souhaitées. Dans le présent article, le bassin versant du lac Érié fait l’objet d’une étude de cas. Le bassin versant du lac Érié compte des régions présentant des caractéristiques géographiques uniques, différentes du point de vue du climat, des sols, de la topographie et de l’utilisation des terres, ce qui a des répercussions à la fois sur le transport du P depuis les champs agricoles et sur l’efficacité des pratiques de conservation destinées à atténuer les pertes de P. Nous définissons les principales régions du bassin versant du lac Érié où des stratégies communes de mise en œuvre des pratiques de conservation sont appropriées, et nous proposons un plan en cinq étapes pour intégrer des pratiques de conservation propres à chaque région, adaptatives et économes dans la planification du bassin versant. Bien que le présent article concerne le bassin versant du lac Érié, notre cadre peut être appliqué à des régions géographiques plus vastes et y orienter la planification des bassins versants.

Date de publication

2021-05-01

Profils d'auteurs