Étude bioéconomique des colonies d’abeilles domestiques (Hymenoptera: Apidae) canadiennes : la sélection assistée par marqueurs (SAM) dans l’élevage des reines influe sur les profits des apiculteurs

Citation

Bixby, M., Baylis, K., Hoover, S.E., Currie, R.W., Melathopoulos, A.P., Pernal, S.F., Foster, L.J., Guarna, M.M. (2017). A Bio-Economic Case Study of Canadian Honey Bee (Hymenoptera: Apidae) Colonies: Marker-Assisted Selection (MAS) in Queen Breeding Affects Beekeeper Profits. Journal of Economic Entomology, [online] 110(3), 816-825. http://dx.doi.org/10.1093/jee/tox077

Résumé en langage clair

Les pertes de colonies d’abeilles domestiques sont attribuables à de multiples facteurs, dont la modification du profil des maladies, une alimentation inadéquate, l’exposition aux pesticides, la gestion et les conditions météorologiques. Une méthode visant à réduire les pertes de colonies et à accroître la productivité consiste à sélectionner les abeilles pour leur résistance aux maladies et aux acariens. Nous avons déjà mis en évidence des marqueurs protéiques dans les antennes des abeilles, qui peuvent être utilisés pour guider la reproduction sélective et ainsi produire des colonies d’abeilles domestiques résistantes aux agents pathogènes dans le cadre d’un programme de sélection assistée par marqueurs (SAM). Nous avons maintenant étudié les répercussions économiques de l’adoption de colonies sélectionnées selon cette méthode. Dans une étude de cas sur l’apiculture, nous avons fait état d’un profit économique compris entre 2 % et 5 % associé à l’adoption d’une colonie SAM lorsque le varroa est traité efficacement. Dans le cas d’un traitement inefficace, la SAM génère un bénéfice net compris entre 9 % et 96 % selon la charge de varroas. Nos résultats donnent à penser que la SAM joue un rôle important dans la sélection des caractères de résistance aux maladies, ce qui peut améliorer la santé et la survie des colonies tout en réduisant les besoins de traitement. En fin de compte, la technologie SAM est prometteuse pour améliorer la santé et les profits de l’industrie apicole au Canada et dans le monde.

Résumé

© Les auteurs, 2017. Publié par l’Oxford University Press au nom de l’Entomological Society of America. Au cours des dix dernières années en Amérique du Nord et en Europe, les pertes de colonies d’abeilles domestiques (Hymenoptera: Apidae) en hiver ont considérablement augmenté. D’après le consensus scientifique, ces pertes sont attribuables à de multiples facteurs, dont la modification du profil des parasites et des agents pathogènes, une alimentation inadéquate en raison des monocultures, l’exposition aux pesticides, la gestion et les conditions météorologiques. Une des méthodes visant à réduire les pertes de colonies et à accroître la productivité est l’élevage sélectif des reines dans le but de produire des abeilles résistantes aux maladies, aux agents pathogènes et aux acariens. Traditionnellement, la seule méthode d’identification des caractères souhaités chez les abeilles domestiques pour améliorer la sélection était l’observation du comportement des abeilles. Une équipe de scientifiques canadiens a récemment découvert des marqueurs dans les antennes des abeilles qui correspondent à des caractères de comportement chez les abeilles et qui peuvent être analysés en laboratoire. Ces scientifiques ont démontré que la sélection assistée par marqueurs (SAM) peut être utilisée pour la production de colonies d’abeilles domestiques hygiéniques et résistantes aux agents pathogènes. Sur la base de la présente recherche, nous exposons une étude de cas sur l’apiculture où la fonction des profits de l’apiculteur sert à évaluer les répercussions économiques de l’adoption de colonies sélectionnées au moyen de la SAM pour leur comportement hygiénique dans un rucher. Nos résultats montrent un gain de profit net qui se situe entre 2 % et 5 % avec une colonie SAM lorsque le varroa est traité efficacement. Dans le cas d’un traitement inefficace, la SAM génère un bénéfice net compris entre 9 % et 96 % selon la charge de varroas. Lorsqu’une population de varroas a acquis une certaine résistance au traitement, nous montrons que les colonies SAM génèrent un gain de profit net compris entre 8 % et 112 % en fonction de la charge de varroas et du degré de résistance au traitement.

Date de publication

2017-06-01