Efficacité de composés d’ammonium quaternaire contre des cultures de souches individuelles et mixtes d’Escherichia coli qui présentent une résistance élevée ou faible à ces composés

Citation

Castro, V.S., Conte, C.A., De Souza Figueiredo, E.E., Yang, X., Stanford, K. (2023). Efficacy of Quaternary Ammonium Compounds for Control of Individual and Mixed Cultures of Escherichia coli with High- and Low-Quaternary Ammonium Compounds Resistance. Foodborne Pathogens and Disease, [online] 20(7), 261-269. http://dx.doi.org/10.1089/fpd.2023.0005

Résumé en langage clair

Les composés d’ammonium quaternaire (CAQ) sont les désinfectants les plus couramment utilisés dans l’industrie alimentaire. L’éventualité d’une résistance bactérienne à ces composés suscite des inquiétudes. Nous avons comparé différentes combinaisons de souches d’E. coli ayant une résistance élevée ou faible aux CAQ, un organisme indicateur couramment utilisé en hygiène de la transformation des aliments. Une des combinaisons de deux souches peu résistantes (T18 constituée des souches C20 et C23) a présenté une plus grande résistance aux CAQ que les souches individuelles, probablement en raison du gène yehW de la C23. Quoi qu’il en soit, les concentrations d’inhibition minimales de toutes les souches analysées étaient ≤ 12,5 ppm, ce qui est bien inférieur à la concentration de QAC d’usage, qui est de 200 ppm. Les résultats de l’étude montrent qu’il est peu probable que l’utilisation de QAC comme désinfectants dans l’industrie alimentaire entraîne une résistance chez l’E. coli.

Résumé

L’Escherichia coli est un microorganisme bien caractérisé dans la documentation scientifique. De même, des composés d’ammonium quaternaire (CAQ) sont utilisés depuis longtemps comme désinfectants dans la transformation des aliments. Toutefois, l’utilisation de ces composés est remise en question parce qu’une résistance bactérienne a été observée dans certaines études. Nous avons donc réalisé cette étude pour comparer les effets de cultures de souches individuelles et mixtes d’E. coli de différents sérogroupes qui présentent une résistance élevée (six souches) ou faible (cinq souches) aux CAQ. Nous avons ainsi analysé 25 combinaisons de souches ayant une résistance élevée (H) ou faible (L) aux CAQ (H + H contre L + L). Après exposition au CAQ, les combinaisons qui étaient statistiquement différentes (p < 0,05) des souches individuelles ont été sélectionnées, et nous avons déterminé un modèle d’inactivation à l’aide du logiciel GInaFitÒ. Une seule combinaison de deux souches (C23 et C20) à faible résistance aux QAC (mélange T18) a présenté une plus grande résistance (p < 0,05) que les isolats individuels. La combinaison T18 et la souche individuelle C23 suivaient le modèle Weibull, tandis que la souche C20 suivait un modèle d’inactivation biphasique avec épaule. Le séquençage du génome entier a montré que, contrairement à la souche C20, la souche C23 portait le gène yehW, ce qui a peut-être entraîné l’inactivation de type Weibull. Il est possible que l’interaction très rapide de la C20 avec le QAC ait favorisé la survie de la C23 et de la combinaison T18. Nos résultats montrent donc que deux souches d’E. coli à faible résistance aux QAC peuvent entrer en synergie pour entraver l’inactivation du CAQ.

Date de publication

2023-07-01

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