Effets non ciblés du transgène de l’α-amylase hyperthermostable chez Nicotiana tabacum en laboratoire et sur le terrain

Citation

Scott, I.M., Zhu, H., Schieck, K., Follick, A., Reynolds, L.B., Menassa, R. (2019). Non-target effects of hyperthermostable α-amylase transgenic Nicotiana tabacum in the laboratory and the field. Frontiers in Plant Science, [online] 10 http://dx.doi.org/10.3389/fpls.2019.00878

Résumé en langage clair

Avant de pouvoir produire à grande échelle des plantes génétiquement modifiées (GM), il faut déterminer si des effets non ciblés peuvent survenir. Dans cette étude, nous avons utilisé des plantes de tabac modifiées pour exprimer, dans leurs feuilles, des quantités accrues d’une enzyme, l’alpha-amylase, dans des essais en laboratoire et sur le terrain, afin d’évaluer les effets non ciblés sur deux insectes courants du tabac. On a laissé les pucerons du tabac et les sphinx du tabac se nourrir des feuilles de tabac GM ou non GM, après quoi on a comparé leur survie, leur croissance et leur développement sur plusieurs jours à plusieurs semaines. Les résultats montrent que le tabac GM n’a pas eu d’effet négatif sur le cycle de vie de l’un ou l’autre de ces insectes dans les conditions de terrain. Il s’agit d’une constatation importante qui peut contribuer à l’enregistrement du tabac GM pour la production d’alpha-amylase chez le tabac au Canada.

Résumé

©Scott, Zhu, Schieck, Follick, Reynolds et Menassa, 2019. Les α-amylases thermostables sont des enzymes importantes qui sont utilisées dans de nombreux procédés industriels. L’expression d’une α-amylase recombinée de Pyrococcus furiosus (PFA) chez Nicotiana tabacum a conduit à l’accumulation de grandes quantités de protéine recombinée chez les plantes transgéniques. Les premières étapes pour enregistrer le tabac transgénique à l’échelle de la production commerciale et le cultiver en plein champ nécessitent une évaluation des risques d’effets potentiels non ciblés. La présente étude visait à évaluer les effets constatés chez deux espèces d’insectes indigènes se nourrissant du tabac transgénique. Les deux espèces d’insectes en question sont couramment associées aux plantes de tabac sauvage et commercial cultivées et évaluées dans des conditions de laboratoire et en plein champ. Les concentrations les plus élevées de PFA variaient de 1,3 à 2,7 g/kg de poids frais des feuilles produites au champ par les cultivars Con Havana et Little Crittenden, respectivement. Ces deux cultivars avaient également la teneur la plus élevée en nicotine (de 4,6 à 10,9 mg/g), mais les effets négatifs sur le sphinx du tabac Manduca sexta L. ou le puceron Myzus nicotianae (Blackman) étaient négligeables, voire nuls. Les essais en laboratoire et sur le terrain n’ont montré aucune diminution à court terme (5 jours) de la survie ou de la fécondité des pucerons du tabac qui s’étaient nourris du tabac transgénique PFA par rapport à ceux qui s’étaient nourris de plantes non transgéniques. Sur le terrain, nous n’avons observé aucune différence sur le plan de la survie, du poids larvaire final ou du temps de développement jusqu’au stade adulte entre les larves du sphinx du tabac qui s’étaient nourries des lignées transgéniques de quatre cultivars et des témoins de type sauvage correspondants. Les études en laboratoire ont confirmé les résultats des essais au champ indiquant l’association à faible risque entre la PFA exprimée dans les feuilles de tabac et le puceron ou le sphinx du tabac se nourrissant de plantes transgéniques.

Date de publication

2019-07-09

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