Effets du travail du sol et de la rotation des cultures sur le rendement du maïs, du soja et du blé dans l'est du Canada

Citation

Morrison, M.J., Cober, E.R., Gregorich, E.G., Voldeng, H.D., Ma, B., Topp, G.C. (2017). Tillage and crop rotation effects on the yield of corn, soybean, and wheat in eastern Canada, 98(1), 183-191. http://dx.doi.org/10.1139/cjps-2016-0407

Résumé en langage clair

En agriculture, le travail du sol ou le labour consiste à retourner mécaniquement la terre. Au Canada, les producteurs agricoles modifient leur façon de travailler le sol en le réduisant, voire en l'éliminant. Lorsque le travail du sol est éliminé, on parle de semis directs ou de cultures sans travail du sol. La réduction du travail du sol réduit le coût du carburant nécessaire aux activités agricoles et peut influer sur les éléments nutritifs du sol, les maladies et la quantité d'eau qu'il peut retenir. La rotation des cultures est la pratique qui consiste à changer les plantes cultivées dans un champ sur une base annuelle. La monoculture désigne la culture d’une même plante d'une année à l'autre, en continu, sans rotation. La rotation des cultures la plus courante dans l'est du Canada comprend le maïs, le soja et le blé. Nous avons fait une expérience dans laquelle nous avons comparé une rotation de trois ans de maïs-soja-blé à des monocultures de maïs, de soja et de blé. Nous avons comparé ces végétaux cultivés sans travail du sol et avec un travail classique du sol; avec un travail du sol à l’automne et la culture au printemps. Au cours des 15 années de l'expérience, les parcelles de maïs cultivées avec le travail classique du sol ont eu un rendement de 20 % supérieur à celui des parcelles cultivées sans travail du sol. Le rendement du soja et du blé a été sensiblement le même avec ou sans travail du sol. Le rendement du blé était de 22 % plus élevé et celui du maïs, de 8 % plus élevé lorsqu’ils étaient cultivés en rotation (maïs-soja-blé) au lieu d’en monoculture, mais il n'y avait aucune différence de rendement pour le soja cultivé en monoculture. Les travaux futurs porteront sur les effets de la rotation des cultures et du type de travail du sol sur les maladies des plantes.

Résumé

Les agriculteurs canadiens sont nombreux à adopter le non-travail du sol (NT). Les auteurs ont
comparé les labours classiques (LC) au NT pour le maïs (Zea mays L.), le soja [Glycine max (L.) Merr.] et le blé
(Triticum aestivum L.), produits en monoculture ou en assolement annuel dans le cadre d’une étude de longue
haleine réalisée à Ottawa (1990). De 1996 à 2000, le NT a été appliqué à toutes les parcelles, ce qui a permis
d’étudier les effets de la transition des LC au NT. Les parcelles de maïs passant pour la première fois au NT
ont donné un rendement sensiblement plus élevé que celles soumises à ce traitement depuis longtemps, mais
la première année de la transition seulement. Le passage d’une méthode à l’autre n’a eu aucun effet sur le soja
ni le blé. En 2001, on est repassé des LC au NT dans le cadre de l’expérience. Durant les 15 années de cet essai
sur le travail du sol et l’assolement (de 2001 à 2015), le maïs LC a produit environ 20 % de plus que le maïs NT
pour les trois assolements, mais la variation n’était pas significative au seuil de 5 % (valeur p de 0,11 à 0,15).
Les parcelles de maïs et de blé NT n’ont pas toutes été bonifiées avec un engrais, ce qui pourrait en avoir
limité le rendement. Le rendement du soja et celui du blé n’a pas varié entre les parcelles LC et NT, quel que
soit l’assolement. Le blé et le maïs LC ont respectivement produit 22 % et 8 % de plus en assolement qu’en
monoculture. Le rendement du soja reste le même en assolement et en monoculture. La succession dans
l’assolement (maïs-soja-blé ou maïs-blé-soja) n’affecte pas de manière significative le rendement. Pour convaincre
les agriculteurs de passer à la production de maïs NT, il faudra un avantage économique, agronomique
ou environnemental dans les conditions propres à l’écosystème continental humide, propice à un rendement
élevé. [Traduit par la Rédaction]

Date de publication

2017-08-25