Effets de la restriction de l’apport alimentaire maternel pendant la gestation sur l’expression de la régulation de la croissance, sur le phénomène d’empreinte génomique et sur les gènes épigénétiques liés à la transcription chez des fœtus de chèvre

Citation

Li, X., Yan, Q., Tang, S., Tan, Z., Fitzsimmons, C.J., Yi, K. (2018). Effects of maternal feed intake restriction during pregnancy on the expression of growth regulation, imprinting and epigenetic transcription-related genes in foetal goats, 198 90-98. http://dx.doi.org/10.1016/j.anireprosci.2018.09.005

Résumé en langage clair

Chez les mammifères, l’alimentation maternelle pendant la gestation a une incidence considérable sur l’épigénome fœtal. L’épigénome concerne toutes les modifications de l’expression génique et des caractéristiques ou des traits d’un individu qui peuvent être transmis à sa progéniture sans aucune altération de la séquence même des gènes. Ces modifications comprennent notamment la méthylation de l’ADN et le phénomène d’empreinte génomique. Les gènes associés au phénomène d’empreinte génomique jouent un rôle important dans la régulation de la croissance, de la programmation et du développement du fœtus. L’on dispose toutefois de données limitées sur les effets de la restriction de l’apport alimentaire sur l’expression de gènes associés au phénomène d’empreinte génomique chez des chèvres gravides. La présente étude visait donc à évaluer les effets d’une restriction de l’apport alimentaire maternel sur l’abondance relative de l’ARNm associé à l’empreinte génomique parentale dans la croissance, de l’ADN méthyltransférase et des gènes épigénétiques liés à la transcription dans le foie et le cœur de fœtus de chèvre pendant la gestation. Vingt-quatre chèvres gravides ont été réparties en deux groupes ayant reçu un régime alimentaire témoin ou ayant subi une restriction de l’apport alimentaire (régime alimentaire inférieur de 40 % par rapport au groupe témoin) vers le début ou vers la fin de la gestation. Vers le début de la gestation, le poids et la longueur du fœtus ainsi que le poids du cœur et du foie du fœtus étaient plus élevés dans le groupe soumis à une restriction de l’apport alimentaire que dans le groupe témoin, la méthylation de l’ADN dans le cœur des fœtus était moins importante dans le groupe soumis à une restriction de l’apport alimentaire, et l’abondance relative de l’ARNm des gènes codant les protéines MBD2 et MBD3 dans le foie des fœtus était plus importante dans le groupe soumis à une restriction de l’apport alimentaire. Vers la fin de la gestation, le poids des fœtus, du cœur et du foie était moins élevé dans le groupe soumis à une restriction de l’apport alimentaire que dans le groupe témoin. L’abondance relative de l’ARNm du gène codant la protéine MBD2 dans le cœur des fœtus et de l’ARNm du gène codant la protéine TET1 dans le cœur et le foie des fœtus était plus élevée dans le groupe soumis à une restriction de l’apport alimentaire que dans le groupe témoin. Ces résultats montrent que la restriction de l’apport alimentaire pendant la gestation a une incidence sur le développement et la régulation de l’abondance relative de l’ARNm des gènes épigénétiques liés à la transcription dans les fœtus.

Résumé

© Elsevier B.V., 2018. L’alimentation maternelle pendant la gestation est un facteur important de modification de l’épigénome fœtal et du phénotype chez les mammifères. Les gènes associés au phénomène d’empreinte génomique jouent un rôle important dans la régulation de la croissance, de la programmation et du développement du fœtus. L’on dispose toutefois de données limitées sur les effets de la restriction de l’apport alimentaire sur l’expression des gènes associés au phénomène d’empreinte génomique chez des chèvres gravides. La présente étude visait donc à évaluer les effets d’une restriction de l’apport alimentaire maternel sur l’abondance relative de l’ARNm associé à l’empreinte génomique parentale dans la croissance, de l’ADN méthyltransférase (DNMT) et des gènes épigénétiques liés à la transcription dans le foie et le cœur de fœtus de chèvre pendant la gestation. Vingt-quatre chèvres noires Liuyang (2,0 ± 0,3 ans) ayant un poids corporel (31,22 ± 8,09 kg) et une parité (2) similaires ont été réparties également entre un groupe témoin et un groupe subissant une restriction de l’apport alimentaire vers le début de la gestation (jours 26 à 65) ou vers la fin de la gestation (96 à 135). Toutes les chèvres ont reçu une alimentation mixte et avaient librement accès à de l’eau fraîche. L’alimentation des chèvres subissant une restriction de l’apport alimentaire était de 40 % inférieure à l’alimentation des chèvres du groupe témoin. Les chèvres ont été pesées, saignées et abattues au 65e jour ou au 135e jour de gestation, selon le cas. Chez les chèvres abattues au 65e jour de la gestation, le poids et la longueur du fœtus ainsi que le poids du cœur et du foie du fœtus étaient plus élevés (P < 0,05) dans le groupe soumis à une restriction de l’apport alimentaire que dans le groupe témoin. La méthylation de l’ADN génomique au niveau des dinucléotides CpG dans le cœur des fœtus était moins importante (P = 0,0001) dans le groupe soumis à une restriction de l’apport alimentaire que dans le groupe témoin. L’abondance relative de l’ARNm des gènes codant les protéines MBD2 et MBD3 dans le foie des fœtus était plus importante (P < 0,05) dans le groupe soumis à une restriction de l’apport alimentaire que dans le groupe témoin. Chez les chèvres abattues au 135e jour, le poids des fœtus, du cœur et du foie était moins élevé (P < 0,05) dans le groupe soumis à une restriction de l’apport alimentaire que dans le groupe témoin. L’abondance relative de l’ARNm du gène codant la protéine MBD2 (P = 0,043) dans le cœur des fœtus et de l’ARNm du gène codant la protéine TET1 (P < 0,05) dans le cœur et le foie des fœtus était plus élevée dans le groupe soumis à une restriction de l’apport alimentaire que dans le groupe témoin. Ces résultats montrent que la restriction de l’apport alimentaire pendant la gestation a une incidence sur le développement fœtal et régule l’abondance relative de l’ARNm des gènes épigénétiques liés à la transcription.

Date de publication

2018-11-01

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