Effets de la conception des huttes de mise-bas sur le comportement maternel et thermorégulateur des truies et des porcelets logés à l’extérieur

Citation

Conrad, L., Aubé, L., Heuchan, E., Conte, S., Bergeron, R., Devillers, N. (2022). Effects of farrowing hut design on maternal and thermoregulatory behaviour in outdoor housed sows and piglets. Applied Animal Behaviour Science, [online] 251 http://dx.doi.org/10.1016/j.applanim.2022.105616

Résumé en langage clair

Les systèmes de pâturage à l’extérieur gagnent en popularité en raison de leur capacité à améliorer le bien-être des truies et des porcelets grâce à un environnement de naissage plus naturel. Cette étude visait donc à déterminer les effets de trois différentes huttes de mise-bas sur le comportement des truies et des porcelets logés à l’extérieur durant l’été dans l’est du Canada, l’accent étant mis sur les comportements de thermorégulation et d’écrasement. Quarante-deux truies de deuxième parité ont été logées à l’extérieur par groupes de trois durant la lactation. Dans chaque groupe, les truies avaient accès à trois huttes de mise-bas : un abri en bois en A modifié, un abri à veaux rond en plastique et un abri de style anglais en métal. Les huttes en bois présentaient moins de variations thermiques entre le jour et la nuit, et donc un milieu plus constant. Les huches en plastique, quant à eux, ont donné lieu à des fluctuations de température plus importantes, ce qui a pu entraîner un inconfort thermique. La hutte en métal se situait entre les deux huttes précédentes en matière de température et d’humidité, et ses parois en angle ont pu protéger les porcelets, comme en témoigne le nombre moins élevé de truies causant un écrasement mortel. En fin de compte, la conception de la hutte de métal semble représenter le meilleur compromis pour les truies mettant bas au pâturage à la fin de l’été dans le climat boréal de l’Est du Canada en ce qui concerne les propriétés thermiques, le comportement de la truie et la survie de la portée. L’environnement thermique relativement stable de la hutte de métal devrait faire l’objet d’études plus approfondies, et il faudrait envisager des modèles qui réduisent spécifiquement les risques d’écrasement.

Résumé

Cette étude visait à déterminer les effets de trois différentes huttes de mise-bas sur le comportement des truies et des porcelets logés à l’extérieur pendant l’été dans l’est du Canada, l’accent étant mis sur les comportements de thermorégulation et d’écrasement. Quarante-deux truies de deuxième parité ont été logées à l’extérieur par groupes de trois durant la lactation (N = 42). Dans chaque groupe, les truies avaient accès à trois huttes de mise-bas : un abri en bois en A modifié, un abri à veaux rond en plastique et un abri de style anglais en métal. Des caméras ont été installées dans les huttes afin d’observer le comportement aux jours 1, 2, 7 et 14 de la lactation. La température et l’humidité ont été enregistrées à l’extérieur et à l’intérieur des huttes. Les moyennes de température de chaque heure ont été analysées de façon à ce que l’effet du type d’huttes durant le jour et durant la nuit soit analysé séparément. Les truies ont mis bas dans les huttes entre août et octobre et des observations sur l’emplacement, la posture, l’allaitement et l’écrasement des truies et des porcelets ont été recueillies le matin et l’après-midi. Les huttes en bois ont été associés à la plus faible variation de température entre le jour et la nuit, tandis que les huttes en métal ont été associés à des propriétés thermiques similaires à celles des huttes en bois (P < 0,05). Les huches en plastique étaient plus chauds et plus secs durant la journée, mais plus frais et plus humides durant la nuit (P < 0,05). Aucun effet lié au type de huttes n’a été observé quant à l’utilisation de la hutte par les truies, à leur posture ou à leur comportement d’allaitement. Les porcelets ont davantage exprimé leur comportement de thermorégulation le matin du jour 2 dans la hutte en bois, qui était le plus frais (P = 0,03). Dans toutes les huttes, la technique de thermorégulation la plus couramment utilisée par les porcelets était l’entassement, qui a été pratiqué durant 61,2 à 73,8 % du temps. Les porcelets ont été en contact avec la truie durant 10,6 à 16,1 % du temps lorsqu’ils n’étaient pas allaités. Les pourcentages de truies tuant au moins un porcelet par écrasement ou traumatisme au cours de la première semaine après la mise bas étaient de 93 %, 86 % et 43 % pour les huttes en bois, en plastique et en métal, respectivement (P = 0,02). Au cours de la première semaine, le taux de mortalité due à un écrasement ou à un traumatisme était de 18 %, 15 % et 11 % des porcelets nés vivants pour les huttes en bois, en plastique et en métal, respectivement (P = 0,44). Le moment où les porcelets courent le plus grand risque d’écrasement était celui où la truie était debout (P = 0,04). Cette étude permet de supposer que les facteurs de risque d’écrasement à l’intérieur changent lorsque les truies sont logées dans des huttes. La hutte métallique semble offrir le meilleur compromis entre le milieu thermique, le comportement et la survie de la portée, mais les résultats indiquent qu’il est nécessaire de poursuivre les recherches sur la conception des huttes pour les truies mettant bas au pâturage afin de réduire les risques d’écrasement.

Date de publication

2022-06-01

Profils d'auteurs