Effet des foins contenant des tanins sur les émissions entériques de méthane et la répartition de l’azote chez les bovins de boucherie

Citation

Stewart, E.K., Beauchemin, K.A., Dai, X., MacAdam, J.W., Christensen, R.G., Villalba, J.J. (2019). Effect of tannin-containing hays on enteric methane emissions and nitrogen partitioning in beef cattle, 97(8), 3286-3299. http://dx.doi.org/10.1093/jas/skz206

Résumé en langage clair

Un des défis que pose l’augmentation du nombre d’animaux d’élevage est l’augmentation concomitante de la production de gaz à effet de serre, notamment les émissions de méthane. Environ 80 % des émissions de gaz à effet de serre de la production de viande de bœuf se produisent pendant la phase vache-veau. Ainsi, dans la production de bœuf, l’atténuation des émissions de gaz à effet de serre pendant la phase vache-veau est cruciale pour réduire les quantités de gaz à effet de serre émises. Les aliments pour animaux contenant des phytocomposés naturels tels que les tanins condensés et hydrolysables représentent un moyen durable de réduire l’incidence environnementale des ruminants. Les aliments pour animaux qui contiennent des tanins peuvent, dans certains cas, réduire les émissions de méthane entérique et l’excrétion urinaire d’azote. On ne sait pas si cette bioactivité se maintient lors de la production de foin, par rapport aux pâturages. L’objectif de cette étude était de déterminer si le fait de donner du foin contenant des tanins à des vaches de boucherie adultes et à des génisses d’un an influe sur les émissions de méthane et l’excrétion d’azote par rapport à du foin sans tanins. Les résultats suggèrent que les foins qui contiennent des tanins peuvent réduire l’excrétion urinaire d’azote uréique ainsi que les émissions de méthane entérique des bovins de boucherie.

Résumé

©Les auteurs, 2019. Publié par Oxford University Press au nom de l’American Society of Animal Science. Tous droits réservés. L’objectif de cette étude était de déterminer si le fait de donner du foin contenant des tanins à des génisses et des vaches de boucherie adultes pouvait influer sur les émissions entériques de méthane (CH4) et l’excrétion d’azote (N) par rapport à l’alimentation traditionnelle avec du foin de légumineuses et de graminées. Quinze vaches de boucherie adultes (Exp. 1) et neuf génisses d’un an (Exp. 2) ont été réparties au hasard dans des groupes de traitement selon un dispositif en blocs incomplets comprenant deux périodes et six types de foin. Au cours de chacune des périodes, trois types de foin ont été donnés aux animaux (n = 5 vaches et 3 génisses par traitement). Les groupes ont reçu du foin contenant des tanins [lotier corniculé (LC), sainfoin (SAI), sanguisorbe mineure (SAM)] ou du foin sans tanins [luzerne (LUZ), astragale pois chiche (APC), brome des prés (BP)]. Chaque période comprenait 14 jours d’adaptation suivis de 5 jours de prélèvement d’échantillons. Neuf vaches et 9 génisses ont été sélectionnées pour la mesure des émissions entériques de CH4 (technique du gaz traceur à l’hexafluorure de soufre) et l’excrétion des matières fécales et de l’urine, tandis que l’ingestion de matière sèche (IMS) a été mesurée pour tous les animaux. La concentration de tanins condensés dans le SAI et le LC était respectivement de 2,5 ± 0,50 % et 0,6 ± 0,09 % de la matière sèche (MS), tandis que la SAM contenait des tanins hydrolysables (4,5 ± 0,55 % de la MS). Les vaches et les génisses nourries de foin contenant des tanins ont excrété moins d’azote uréique dans l’urine (g/jour; p < 0,001) et avaient des concentrations plus faibles d’azote uréique dans le sang (mg/dL; p < 0,001) que les animaux recevant du foin de LUZ ou d’APC, ce qui indique que les tanins ont entraîné le déplacement de la voie d’excrétion de l’azote de l’urine vers les matières fécales. De plus, ce sont les vaches nourries au LC ou à l’APC qui présentaient le plus grand pourcentage d’azote retenu (p < 0,001). Chez les génisses, c’est avec le BP que le rendement en CH4 entérique (g/kg de MSI) était le plus élevé (p = 0,089), et avec la SAM que la production quotidienne de CH4 (g/j) était la plus faible (p = 0,054). Cependant, la digestibilité des protéines brutes était réduite chez les vaches (p < 0,001) et les génisses (p < 0,001) qui consommaient la SAM. Les résultats suggèrent que les foins qui contiennent des tanins pourraient réduire l’excrétion urinaire d’azote uréique, augmenter la rétention de l’azote et réduire les émissions de CH4 entériques chez les bovins de boucherie. L’APC, légumineuse sans tanins non météorisante, pourrait aussi réduire les effets environnementaux par rapport aux foins de LUZ et de BP en réduisant l’excrétion d’azote dans l’urine et en augmentant la rétention de l’azote.

Date de publication

2019-08-01

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