Découverte des bienfaits pour la santé des fruits et des légumes « enfermés » dans la paroi des cellules végétales

Les bienfaits oubliés des dérivés phénoliques pour le bien‑être intestinal

Les scientifiques tentent de comprendre pourquoi la plupart des extraits de fruits ne présentent pas les mêmes bienfaits pour la santé que les fruits entiers. Il en va de même pour les légumes. Il est très difficile de connaître tous les bienfaits de l’aliment original. Selon la Dre Kelly Ross, qui travaille pour Agriculture et Agroalimentaire Canada (AAC), à Summerland, les ingrédients manquants pourraient se cacher dans la paroi des cellules végétales.

Nous avons tous entendu parler des vitamines, des minéraux et des fibres alimentaires que nous consommons lorsque nous mangeons une pomme ou une carotte, mais les bienfaits ne s’arrêtent pas là. Presque tout ce que nous aimons des fruits et des légumes, comme la couleur et le goût, est influencé par un groupe de composés appelé les dérivés phénoliques. Ces composés, que l’on trouve dans la paroi des cellules végétales, possèdent des propriétés antioxydantes, anti‑inflammatoires et anti-cancérigènes. Des recherches antérieures ont révélé que lorsque nous mangeons des aliments à forte teneur en composés phénoliques, nous pouvons nous prémunir contre certaines maladies dégénératives comme les maladies cardiovasculaires, le diabète, le cancer et l’arthrite. 

Par ailleurs, les dérivés phénoliques attachés à la paroi des cellules végétales sont indigestes et sont donc rejetés, mais des recherches récentes ont permis de découvrir qu’ils sont libérés et absorbés plus loin dans notre tractus gastro‑intestinal, après avoir quitté notre estomac, et qu’ils ont des effets positifs puissants sur la santé de nos intestins.  

Pourquoi est-ce important?

Ces recherches mèneront probablement à la production d’extraits plus puissants aux bienfaits accrus pour la santé qui pourront être intégrés aux suppléments alimentaires ou être utilisés pour améliorer la qualité nutritionnelle des aliments transformés.

Les méthodes de laboratoire traditionnellement utilisées pour déterminer la teneur en dérivés phénoliques des aliments libèrent des composés liés à la paroi des cellules végétales, mais Dre Ross nous dit que ce n’est pas ce qui se produit pendant la digestion humaine. En fait, il arrive que, pendant un essai en laboratoire, les dérivés phénoliques qui demeurent attachés à la paroi cellulaire soient plus nombreux. Ces derniers sont extraits, puis mesurés. Dre Ross a rédigé un examen démontrant que de plus en plus de données appuient l’importance de ces dérivés phénoliques oubliés. Elle espère que son examen stimulera la recherche, en utilisant différentes méthodes d’extraction, afin d’améliorer notre compréhension des effets de ces composés sur la santé humaine et d’accroître notre capacité d’évaluer avec précision les bienfaits de certains fruits et légumes.

« Ces recherches mèneront probablement à la production d’extraits plus puissants aux bienfaits accrus pour la santé qui pourront être intégrés aux suppléments alimentaires ou être utilisés pour améliorer la qualité nutritionnelle des aliments transformés », indique Dre Ross. Comprendre comment les dérivés phénoliques attachés à la paroi des cellules végétales se comportent dans notre système digestif pourrait nous faire découvrir de nouveaux ingrédients importants pour notre santé.

Que se passe-t-il durant la digestion?

La paroi des cellules végétales contient ces fibres alimentaires si souvent recommandées par les experts en santé pour l’amélioration de la digestion et de la régularité intestinale. Ces mêmes molécules se lient à divers dérivés phénoliques durant la croissance des fruits et des légumes, « enfermant » ainsi les bienfaits de ces dérivés dans la paroi cellulaire. 

Cette liaison crée de grosses molécules qui se déplacent dans notre tube digestif après que l’on ait mangé un fruit ou un légume. Les fibres tant conseillées « accompagnent » ces dérivés phénoliques bienfaisants dans notre tractus gastro‑intestinal jusqu’à leur destination finale. 

Une digestion simulée montre que bon nombre de ces dérivés finissent par se détacher de la paroi des cellules végétales, après quoi ils peuvent être absorbés dans notre intestin grêle ou dans notre gros intestin. Certains dérivés phénoliques se rendent jusqu’au côlon, où ils sont digérés par les bactéries, ou microflore, qui nous aident à décomposer les aliments. Les cellules de nos intestins, y compris le côlon, peuvent alors profiter des avantages que procurent les dérivés phénoliques, soit la réduction de l’inflammation et la protection contre les dommages oxydatifs et le cancer.

Comment pouvons‑nous libérer ce potentiel?

Les dérivés phénoliques liés à la paroi des cellules végétales doivent être pris en compte dans l’évaluation des bienfaits des fruits et des légumes pour la santé. En savoir plus sur ces composés et sur la façon dont ils améliorent notre santé nous permettra de créer des bases de données précises sur la composition des aliments et d’ajuster les extraits de fruits et de légumes afin qu’ils procurent des bienfaits pour la santé. 

« Les fruits et les légumes contiennent des dérivés phénoliques ayant des bienfaits pour la santé qui n’ont pas été mesurés ou pris en compte », explique Dre Ross. « En sachant quels fruits et légumes présentent de fortes concentrations de ces composés, nous serons en mesure de mieux soutenir notre santé intestinale, et, potentiellement, d’améliorer notre bien‑être global. » 

Où pouvons-nous en apprendre davantage?

Ross, K.A. (2014). Concepts important in understanding the health benefits of phenolics in fruits and vegetables: extractable and non-extractable phenolics and the influence of cell wall polysaccharides on bioaccessibility and bioavailability. Recherche en santé et en nutrition, 1: 29-43. https://issuu.com/sep2011--now/docs/5_437e308e76e82f

Rencontrez Dre Ross  https://profils-profiles.science.gc.ca/fr/profil/dr-kelly-ross

Par : Naomi DeLury

Images additionelles

Photo de Kelly Ross, PhD Dre Kelly Ross, scientiste d'AAC, espère que les études sur les composés phénoliques fixés aux parois cellulaires des plantes permettront d'améliorer la santé humaine.

Photo de Naomi DeLury, MSc Naomi écrit sur les recherches menées au Centre de recherche et de développement de Summerland, AAC.